L’association

L’association

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En 2013 j’ai décidé de changer de vie: je voulais aider les gens en difficulté et donc j’ai cherché une formation qui m’aiderai à le faire. J’ai donc intégré une formation qui s’appelait “initiation à la gestion de projet humanitaire et de développement”. J’ai suivi une petite formation d’une semaine avant d’être envoyée en stage à Madagascar, au sein de l’association ODADI.

En 2015, après un 2ème séjour à Madagascar chez ODADI, j’ai décidé d’aller encore plus loin dans mon engagement et de créer ma propre association qui serait un appui pour les associations des pays en voie de développement.

Femmes En Action est donc née en avril 2015!

L’idée, c’est d’aider les associations des pays en voie de développement. En effet, les associations locales ne sont souvent pas prises au sérieux à l’étranger si elles ne sont pas “supervisées” par une association française. Cela veux dire que si une association étrangère fait une demande de financement en France (pour des appels à projet à l’étranger) , tant qu’elle n’a pas une association française qui l’épaule et se porte garant, elle n’accèdera pas aux financements. C’est scandaleux et un brin raciste mais c’est comme ça.

Pour l’instant, Femmes En Action (FEA) n’aide qu’une association: ODADI. Mais si un jour FEA a 100.000€ de dons par an, elle pourra aider plus d’associations!

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Pourquoi aider une association et pas directement la population?

La question est légitime mais retournons la: que diriez vous si des russes ou des mexicains venaient en France et aidaient les SDF français? Vous ne vous diriez pas “mais de quel droit ils aident notre population? est-ce qu’ils croient que nous sommes incapables de le faire nous même?” ? Si, évidemment!

En quoi moi, nous, français, saurions mieux que des autochtones ce qu’il faut (ou non) faire avec les populations en difficulté? Quelle est ma légitimité? Pourquoi je déciderai de ce qu’il y a à faire (ou non) dans un pays qui n’est pas le mien?

La culture n’est également pas la même d’un pays à un autre. Comment savoir si les décisions que je prends sont les bonnes, si elles ne vont pas casser une dynamique, interférer dans les relations locales, susciter des jalousies?

Ce sont ces questions qui m’ont poussé aussi à vouloir un interlocuteur locale. Les associations locales sont formées de gens compétents, locaux, intégrés à la population régionale.

Pourquoi agir seul alors qu’on peut s’appuyer sur ces structures déjà existantes?!

Enfin, il faut savoir que 80% de la population malgache ne parle que le malgache. Moi je ne parle que français donc si j’ai envie d’aider les populations les plus en difficulté (et souvent les plus reculées) il faut une structure ou quelqu’un qui fasse la traduction.

C’est pour ces raisons que même si nous avons changé nos statuts (expliqué plus bas) nous ne changerons pas de manière de fonctionner. Nous ne nous permettrons jamais de mettre en place un projet sans l’aval d’une structure existante locale.

C’est ce qui fait notre force et qui fait que nos actions sont durables et intégrées au paysage local.

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Comment aide t-on les associations?

En tant que présidente et ayant été plusieurs fois à Madagascar, je connais les difficultés de la population malgache et donc ses besoins. Toutefois, je ne suis pas malgache et je ne considère pas avoir autorité pour diriger ou imposer des idées (que j’estimerai bonnes et utiles) donc j’ai besoin, encore, de m’appuyer sur les locaux pour mettre en place des projets. La manière la plus simple d’aider une population locale, c’est de s’appuyer sur ce qui existe sur place. En l’occurrence une association.

Depuis 2018, notre fonctionnement a changé. En 2016 nous avions demandé au fisc le droit de délivrer des reçus fiscaux pour les dons reçus (peu nombreux, on nous l’a demandé 2 fois). Notre demande a été rejetée sous prétexte que nous ne dirigions pas nous même les projets sur place. Là encore, le ton paternaliste m’a un peu énervé (je ne vois pas pourquoi en tant que française je serais plus apte qu’une malgache à diriger un projet). Nous avons donc changé les statuts afin qu’ils soient en accord avec ce que souhaite le fisc français.

A présent, nos statuts disent que nous aidons financièrement des populations en difficulté au lieu d’aider financièrement les associations.

Nos statuts disent que nous aidons les associations pour la rédaction de projets et sa mise en place, le développement d’un site internet et la promotion de l’association. La plupart du temps nous finançons les projets grâce aux financements participatifs. Or, comme les financements participatifs sont un mode de dons bien particulier (de l’argent en échange de contreparties) , ils ne peuvent pas donner droit à un reçu fiscal. Donc, grâce à ce “vide”, nous pouvons continuer à financer des actions d’associations tout en ayant (peut-être! la demande va être faîte dans quelques mois!) le droit de donner des reçus fiscaux.

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Par quels moyens récoltons nous des fonds?

Nous avons plusieurs moyens de récolter des fonds, mais il est de plus en plus compliqué d’en avoir!

  • les adhésions (15€/an) permettent de faire des projets qui sont décidés en assemblée générale. Nous stagnons à 15 adhérents/an et ça n’est pas assez. Être adhérent, c’est s’engager sur le long terme. Donc l’intérêt d’avoir des adhérents, c’est qu’en tant qu’association, nous savons que nous pouvons compter sur un certain nombre de personnes sur plusieurs années et donc choisir de financer des projets en fonction du nombre d’adhérents.
  • les dons . Jusqu’en 2018 nous avions une donatrice qui finançait la moitié de nos actions. Depuis son décès, nous ne savons pas comment nous allons financer les actions que nous avions prévu de réaliser
  • les financements participatifs: nous en faisons plusieurs fois par an pour différents projets décidés en début d’année. Le financement participatif permet de faire un don en contrepartie (ou non) d’un petit cadeau. Si vous donnez 30€, on vous envoie une carte postale de Madagascar ou pour 50€, on offre un bracelet en pierres minérales.
  • la vente d’artisanat malgache. C’est ce qui nous rapporte le plus de fonds.
  • le parrainage. Pour l’instant nous n’avons mis en place qu’un parrainage de ruche, qui permet, selon la somme, d’offrir une ruche, des arbres et/ou des fleurs, de financer une partie du salaire de l’ouvrier apicole. Nous aimerions à terme mettre en place un parrainage pour les écoles.

 

Comment décidons-nous quels projets vont être aidés?

Cela se décide en Assemblée Générale. L’association locale nous fait des demandes en fonctions de ses besoins, des besoins des locaux et surtout EN ACCORD avec les locaux. Oui mais comment?

Voici quelques exemples qui vous expliquerons comment nous avons choisi certains projets.

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La journée des femmes

En 2018, ODADI nous a demandé de financer une journée pour les femmes malgaches. En effet, en 2017 les femmes suivies et aidées par ODADI se sont réunies pour le 8 mars. Ce jour-là, elles ont fait venir une troupe de musiciens, invité des femmes d’autres fokontany, planté des arbres, le tout sans leurs enfants. Elles ont passé une journée entre elles ce qui n’arrive jamais dans leur vie de tous les jours. Cette journée a eu un succès fou et en 2018, elles aimeraient recommencer mais ailleurs. Elles souhaitent sortir de leur fokontany pour voir comment s’en sortent les femmes des autres communes. Elles ont donc demandé à ODADI de les aider à financer cette journée, qui nous a transmis cette demande.

Nous savons que l’ouverture d’esprit se fait grâce à la découverte. Ces femmes ont vraiment peu de possibilités dans leur vie de voyager, ne serait-ce qu’à 20km. Ces sorties leur permettent de rencontrer d’autres femmes, rencontrant souvent les mêmes difficultés (agricole, financière, d’éducation) qu’elles mais ayant une autre approche pour les résoudre.

Nous avons donc décidé de financer leurs journées d’échange et de rencontre.

Journée des femmes au centre Patrakala, 8 mars 2017

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Les formations agricoles

Depuis quelques années, ODADI suis un groupe de femmes agricultrices qui souhaitent améliorer leurs cultures et leurs rendements. Pour ça, ODADI a un centre de démonstration de nouvelles techniques agricoles. Les femmes rurales viennent souvent au centre pour avoir des conseils et voir ces nouvelles techniques. En 2016, elles ont émis le souhait d’avoir davantage de formations et surtout un moyen de se reconnaître, d’avoir quelque chose qui les regroupait, renforcerait leur groupe. ODADI a demandé à Femmes En Action de financer une formation par un formateur agricole ainsi que des chasubles.

Ces chasubles ont été achetés, les femmes ont continué à cultiver ensemble, se sont constituées en association, ont mis de l’argent en commun pour acheter les 1ères semences et à présent elles se partagent les bénéfices des ventes de leurs produits.

Asociation de femmes agricultrice à Madagascar.

L’aide aux professeurs

Pendant plusieurs années, FEA a financé des kits scolaires pour les enfants des écoles de Beorana, Antsahafina et Andozoka. En 2017 nous avons décidé d’aider l’école d’Andozoka à se doter de matériel et fournitures scolaires manquantes mais utiles à l’éducation des enfants. Toutefois, lors de cette remise de don, l’accent a également été mis sur le fait que les professeurs ne sont pas qualifiés pour leur poste, qu’ils ne parlent pas français (langue dans laquelle les manuels scolaires sont écrit), qu’ils n’ont pas de base pour savoir enseigner. Cela a un impact direct sur les résultats scolaires des enfants.

Lors de cette remise de don, nous étions accompagnés de Soahary, rédactrice web ayant fait des études pour être professeur. En tant que professeur et moi en tant que française (ayant normalement eu accès à une éducation de qualité) nous étions effarées de voir que les professeurs étaient si peu suivis et aidés. Les professeurs ont vraiment à cœur d’apprendre “à apprendre” mais ne savent pas trop comment s’y prendre ni avec quels moyens. Soahary a rejoint notre équipe associative et lors de l’assemblée générale nous avons reparlé de ce problème. Avec le reste des personnes présentes lors de l’AG, nous avons décidé de mettre en place une aide pour les professeurs. ODADI ne sera là que pour faire le lien entre Soahary et les écoles: un responsable ODADI accompagnera Soahary lors de ses 1ères visites, la présentera au corps enseignant, aux parents d’élèves et elle pourra ainsi travailler en collaboration avec eux.

Professeurs de l'EPP d'Andozoka

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Ces exemples montrent bien comment nous choisissons nos projets. Dans les deux premiers cas, les femmes ont demandé de l’aide à ODADI qui nous en a fait part. Le troisième cas est une initiative de FEA, à la demande des professeurs. FEA qui a demandé l’avis d’ODADI et son aide pour mettre en place ce projet.

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A chaque projet, nous ne sommes pas seuls. Nous collaborons main dans la main, avec les locaux et les structures en place. C’est ce qui fait que nos projets sont pertinents et si bien intégrés.