Le jour où je suis partie

 

Le 19 mai j’ai décidé que je ne resterai pas au Sénégal. J’avais, si vous avez tout suivis, trouvé une seconde association en service civique, Gno Far. J’ai vraiment essayé de faire ce que j’ai pu (parfois en manquant de patience, je l’avoue) avec les moyens que j’avais mais lorsqu’on ne veut pas de mon aide, je ne peux rien faire.

Gno Far a tout pour réussir : des bénévoles, un super local très bien placé, des contacts intéressants, mais malgré ça, ils ne font rien. Ils ont des idées utopiques : faire des séminaires. Nous n’accueillions même pas d’enfants dans les locaux.. Ils font des demandes de « subventions » ou plutôt des demandes de dons à n’importe qui en demandant n’importe quoi : 74 chaises, 6 ventilateurs, 1 fontaines à eau (rapport avec les séminaires), 4 armoires (il ni a rien à ranger), et des crayons couleurs, craies, feutres en « nombre indéterminé ». Et ils font ce genre de demande à la Croix-Rouge et au PAM (programme alimentaire mondiale, donc rien à voir avec l’éducation des enfants).

Ce genre de chose ne peut pas se demander ainsi : il faut les intégrer dans un projet, expliquer en quoi ça va servir et combien ça va coûter. Eux font juste ça sous forme de tableau et hop, envoyé à la Croix-Rouge à Genève. Ils ont dû bien rigoler ! Bref, quand j’ai expliqué à Bouba, le président de l’asso que ce genre de chose ne se faisait pas comme ça, il a rigolé et m’a tourné le dos. Il a ensuite été casser du sucre sur mon dos sans rien me dire en face. Alors comme aucun papier n’était signé, j’ai décidé de partir. Il faut dire aussi que l’ambiance était tendu depuis quelques jours parce que oui, je trouvais à redire à tout ce qu’ils faisaient, vu qu’ils font beaucoup d’erreur et ils n’acceptaient pas ça. Ils n’acceptaient pas non plus que je pose des questions sur l’asso, je suis trop curieuse et dans le mauvais sens du terme ! J’avais vraiment l’impression d’être là pour ramener de l’argent et fermer ma bouche. Je n’aimais pas trop ce sentiment.

Je ne suis absolument pas déçu, j’étais même soulagée. J’ai donc décidé de visiter le Sénégal avant mon départ (c’est pour ça que je suis allée à Carabane) et de passer 1 semaine à Dakar et d’y visiter les alentours.

Je suis donc partie pour Dakar le dimanche 1er juin, avec le bateau reliant Ziguinchor-Carabane-Dakar. Je voulais aller au moins une fois dans la capitale via le bateau parce que j’avais entendus dire que le paysage était très joli.

Pour acheter son billet il faut obligatoirement se déplacer au port maritime : ça n’est pas très pratique pour ceux qui habitent Kolda, Thiès ou Saint Louis. L’avantage c’est qu’apparemment, si vous êtes français et que vous souhaitez acheter votre billet de bateau en France, vous pouvez passer par une agence de voyage (je ne sais plus laquelle).

J’avais pris une place sur un fauteuil, le moins cher, sauf qu’après en avoir discuté avec Amanda (souvenez-vous, la volontaire rencontré à mes débuts à Dakar !), elle m’a conseillé une cabine car les fauteuils ne sont pas confortables, la télé et la lumière reste allumées toute la nuit et la climatisation est à fond. 4 jours avant le départ j’ai donc voulu en changer et en fait il ni avait plus de place sur le bateau : celui-ci ne circule plus entre le 3 juin et le 24 juin. Donc j’ai préparé un sac spécialement pour les habits que je mettrais en plus.

Sur le bateau j’ai retrouvé Gislaine, ma tutrice de Kolda ! C’était prévus mais j’étais très contente de la revoir et d’apprendre quelques nouvelles dont une très grande : Awa attend un bébé !!!! Là je n’ai plus le choix : je devrais revenir au Sénégal pour venir visiter les bébés de l’année ^^

Alors le voyage.. Bon déjà la compagnie maritime ne va pas se faire une réputation pour la gentillesse et l’amabilité de son personnel. J’ai pu rentrer et enregistrer mes bagages dans le port (avec un bordel monstrueux..), il était spécifié que j’avais le droit à 20kg de bagage avec moi : mon sac à dos et un sac avec des habits pour la nuit. Allé hop, direction le bateau, bonjour monsieur: vous devez laisser ce sac ici madame, vous êtes en fauteuil vous n’avez droit qu’à un sac. Je m’énerve, il s’énerve ; j’appelle donc  Amanda : si elle est en cabine, elle a le droit à plusieurs sacs alors ! Amanda arrive, et le pit-bull s’énerve, « non non elle est déjà monté avec un bagage, elle ne peut pas en prendre un autre ». J’ai voulus lui demander des explications mais à part hurler il ne savait pas parler autrement. Donc j’ai vidé mon sac d’habit, (il restait 1casquette, 1 livre et une pochette dans ce sac, très utile de le vider n’est-ce pas ^^) et je suis montée avec tout mon bordel. J’ai tout laissé dans la cabine d’Amanda et Marie, son amie et nous voilà à attendre. Il était 11h peut-être, départ à 13h.

Nous voilà partis, ah oui c’est joli le fleuve, enfin bon, pas la peine d’en faire un foin, c’est un fleuve avec de la mangrove et point barre. Il faisait une chaleur terrible sur le pont supérieur, sur le pont inferieur avec le bar à fond, les gens qui picoles et fument c’était pas vraiment idéal donc j’ai été avec les filles dans leur cabine de 8 places de 8 femmes + 2 marmots.

 

On s’arrête à Carabane et on repart peu de temps après. Ahh ici ça risque de devenir intéressant : il doit y avoir des dauphins !! J’attends donc avec mon appareil photo et … OH !!!! Oui ! Des dauphins ! Alors ils n’ont pas du tout sauté à côté du bateau comme je l’espérais, j’ai juste vu leur nageoire, je n’ai pas eu le temps de prendre de photo parce qu’il y en avait que 3 ou 4 mais c’était sympa. Ça a duré 10 secondes à peine et voilà !

 

Bon retour en cabine. Je prends un livre et je vais sur le pont supérieur, et au bout de quelques heures.. Dis donc ! ça tangue drôlement !! Oui à présent nous sommes en pleine mer et ça se sent ! Je retourne en cabine (parce que mine de rien le soleil se couche et ça commence à faire froid) et je m’allonge un peu avec un livre. Je me coltine un mal de tête carabiné, et le mal de mer. Super. Le sandwich poulet-gras de l’après-midi ne passe pas, et le soir à 21h je vais me mettre dans mon fauteuil. Je regarde la télé et c’est vrai, il fait froid. Mais ça n’est rien par rapport à la nuit où j’ai eu si froid que ça m’a réveillée et que j’ai compris le sens du mot « avoir les os glacés ». Ça a été long cette nuit, il devait faire 16° à tout casser dans le local..

 

Nous sommes arrivés à 5h30 du matin, sans petit dej, j’ai mis au moins 2h à me réchauffer. Pile poil le temps qu’on a mis pour récupérer les bagages. J’ai rejoint Irène, la maman à Gislaine : elles m’ont proposé de dormir chez elles. Trop gentil. Gislaine est partie travailler (elle fait passer les épreuves du bac) et Irène et moi avons récupéré les bagages, pris un taxi et sommes parties chez elle.



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