5 jours express en Côte d’Ivoire
Je ne suis pas adepte des voyages express mais lorsqu’on a un boulot en France et que la patronne n’a accordé qu’1 semaine de vacances, il faut savoir faire avec. ça été le cas de Léa, la seule copine venue me rendre visite ici! 5 jours mais que de découvertes et d’émotions! Je lui avais concocté un programme aux petits oignons, avec plein de découvertes, des moyens de transport en tout genre et calé à l’heure près. Je suis ultra fière parce que nous avons réussi à tout faire, les transports se sont super bien passés, nous n’avons pas eu d’emmerde de bus qui crève, en retard ou autre. Pour certains trajets j’avais pris l’option la plus cher mais la plus rapide et pour d’autres des transports en commun ou insolite (oui parce que je n’ai pas de voiture ici, pour voyager on prend les transports en commun et ça fonctionne plutôt bien!). J’ai pu lui faire découvrir la Côte d’Ivoire côtière, ultra-riche et très pauvre. Bref, on peut dire que Léa a eu un bon aperçu de notre vie ici et de la vie ivoirienne. Petit retour sur le programme.
L’arrivée
Léa est arrivé un dimanche vers 17h30. Nous sommes allés la chercher à l’aéroport et nous nous sommes arrêtés en zone 4. C’est mon copain qui voulait absolument lui faire découvrir ce quartier. Bon moi je n’étais pas très chaude: la zone 4 pour moi c’est un quartier moche, pollué, sans verdure et où tout coûte un rein. ça n’a pas loupé: nous avons voulu aller boire un verre, le bar auquel nous avions pensé était fermé. On s’est rabattu sur un autre, L’adresse, où les cocktails étaient à 15€. Et pas ouf en plus. Bon on a décidé de ne pas y manger et on s’est dirigé vers La Terrasse, un resto en terrasse donc, qui donne sur la lagune, le port et la raffinerie. C’est un resto libanais (il y en a des tartine ici!) et on y mange très bien. Les cocktails de fruits sont un régal (mais il n’y a pas d’alcool, comme dans beaucoup de resto libanais) et les tarifs sont raisonnables. Nous avions vu sur la lagune et les raffineries au loin, mais personnellement, de nuit, je trouve ça très beau. On a même repris des doggibag tellement c’était copieux. La nuit ma copine a eu du mal à dormir: il y avait beaucoup de vent et en face de chez nous il y a un immeuble en construction, avec une grue. Et la grue n’a pas arrêté de tourner sur elle-même, Léa était terrifiée qu’elle tombe sur l’appartement (et clairement, si elle tombait dans notre direction, notre appart aurait été ravagé! Bon évidemment, la grue n’est pas tombée mais Léa n’a pas dormi non plus!
Jour 1: Direction Tiassalé!
Je voulais absolument montrer les hippopotames à Léa sur le fleuve Bandama! On va mettre fin au suspense tout de suite, on ne les a pas vu ces véroles! Ils ne sont pas sortis de sous l’eau. Trop deg. Mais la journée a été tellement riche en émotions et découvertes, ça a comblé! Nous sommes parties de la gare CA de Yopougon! Un peu moins trash qu’Adjamé, plus facile d’accès et plus facile pour en sortir aussi. Un peu moins trash mais on a quand même eu le droit au chicotage d’un voleur de téléphone portable. 2 mecs lui sont tombés dessus (puis 5) alors que nous attendions pour acheter nos billets de bus. Il s’est fait mettre par terre, rouer de coup de poing et de pied. Honnêtement si c’était vraiment un voleur, il l’a bien mérité mais au vu de l’histoire un peu invraisemblable du témoin (« il m’a piqué mon téléphone puis il est rentré dans une boutique, s’est entièrement changé et est venu ici ») j’ai eu un petit doute quant à sa culpabilité. Il a été emmené à l’arrière de la gare et je n’ai pas été voir ce qu’ils en faisaient parce que j’ai eu un peu peur pour lui. La police est venue le cueillir après.







Nous avons enfin pris le bus, 2h de route porte à porte! Nous avons traversé Yopougon, ses quartiers déguerpis et détruit par les bulldozers (merci le gouvernement ivoirien pour ce manque de bienveillance envers ton peuple) ainsi que la forêt verdoyante et ses petits villages. La journée a été très belle et nous avons eu un temps superbe. Nous avons été jusqu’au fleuve en moto, à travers la poussière rouge. Bonjour l’état du nez et du visage après! J’avais même la marque aux chevilles!! Léa a découvert les plantations de bananiers et ensuite le fleuve, que nous avons parcouru 1h en long, en large et en travers pour trouver ces salo%eries d’hippo. Qu’on n’a pas vu. Mais le fleuve, le ciel et la verdure était incroyable!













Le midi nous avons mangé dans une petite pizzeria que je connaissais bien, où c’est bon, frais et pas pimenté. Ensuite nous nous sommes promenées un peu dans Tiassalé avant d’aller prendre des photos du fameux pond! Comme il n’avait pas encore beaucoup plu, la couleur du fleuve étais superbe, il n’était pas haut, il y avait même des petites plages le long et des gens qui faisaient leur linge ou se baignaient à l’ombre. Nous avons décidé de descendre à l’ombre et de profiter du lieu. Il faisait tellement chaud que j’ai fini par me déshabiller et me baigner avec une petite fille qui était là et faisait le petit poisson. Bon il fallait quand même faire attention pour ne pas aller trop loin du bord (genre à 3 mètres), parce que le courant au milieu est très fort et atterri dans des rapides où on peut fortement se noyer. On a discuté avec la petite, la maman, les pêcheurs et c’était un moment GÉNIAL. Se mettre à l’eau m’a fait du bien même si le fleuve était chaud! Incroyable d’imaginer qu’un fleuve puisse être chaud comme ça. A 14h30 la petite fille s’est dépêché d’enfiler sa culotte et sa robe pour repartir à l’école. Franchement, pour un enfant, c’est génial de se dire « tiens en attendant que l’école reprenne je vais aller me baigner tout nu dans le fleuve »! Quel liberté les petits ont ici (enfin, à Tiassalé, parce qu’à Adjamé c’est pas la même ambiance!). Bref, je me suis fait une copine et c’est un moment qui restera gravé dans mon coeur. Pour repartir il nous fallait attendre et arrêter un bus qui passait sur le pond. Et bien la chance était avec nous: arrivé au niveau de la route, un bus est passé, le coéquipier du chauffeur (celui qui fait arrêter le bus, remplis le coffre et vend les tickets) nous a vu et nous a demandé, avec des signes si nous partions. Et hop, direct dans le bus jusqu’à Adjamé où nous avons eu vite fait un Yango et nous sommes arrivés à la maison avant la nuit. Et le soir, grâce au doggy bag de la veille, pas besoin de cuisiner (et vu les voyages que nous devions faire, j’avais acheté des trucs qui se préparent vite fait pour ne pas perdre de temps en cuisine).















Jour 2: en route pour Assouindé!
Je tenais absolument à faire découvrir à Léa ce petit village situé sur une bande de sable qui d’ici quelques années, va surement disparaitre. Au programme: visite du village, ballade sur la lagune, visite du village de pêcheurs d’Ebotiahon et repas du midi au maquis du petit village. Alors on a pu tout voir et tout faire, mais dans quelle condition!
Nous sommes partis en Yango (2h de route, 37€ le trajet) et sommes arrivées un peu tard mais Moctar nous attendait pour la ballade en pirogue. Nous avons déposé nos affaires chez Jérôme qui loue des chambres en airbnb (37€ aussi la nuit, avec clim, salle de bain et piscine) avant de partir en pirogue. Sur le chemin nous avons croisé la route de Charles qui relevait ses pièges à crabe et qui récoltait aussi des noix de coco. Léa nous a dit qu’elle n’avait jamais bu ni mangé de noix de coco fraiche. Moctar a alors fait demi tour et a demandé à Charles qu’il nous en fasse goûter. C’était super ce petit intermède! En repartant j’ai remarqué que l’horizon s’assombrissait et qu’ont entendait le tonnerre. C’est pour cette raison qu’arrivée à Ebatiahon j’ai mené tout de suite Léa à la plage pour prendre des photos et, la chance encore une fois était avec nous, les pêcheurs remontaient leur bateau. Nous avons pu prendre de belles photos! Nous avons mangé au maquis du village et c’était encore une fois très bon. Comme le temps menaçait Moctar nous a dit que nous devions partir. On a cherché des sacs plastiques pour protéger mon appareil photo et nous voilà parti (après avoir demandé 3 fois à Moctar s’il était sur de son coup). Arrivé sur la lagune, le vent commence à souffler pas mal et les vaguelettes deviennent hautes. Bon, franchement, la lagune, là où nous naviguions, n’était pas profonde mais j’avais peur de tomber à l’eau avec mon appareil (#sauverlappareilphotoquoiquilarrive). J’ai quand même lâché un « mais quelle idée à la con » et Moctar a surement eu pitié de nous (ou de mon appareil?) et a décidé de s’arrêter sous un ponton couvert (ce n’est pas ce qu’il manque à cet endroit). HEUREUSEMENT !!! On s’est pris une de ces saucées! On a bien rigolé en faisant des vidéos de cet arrêt mémorable! La pirogue était remplie de flotte lorsque nous l’avons repris et mes godasses étaient trempées. Le soir j’ai dû acheter une paire de claquette! On a terminé la soirée en mangeant dans un resto ultra sympa, où la nourriture est fraiche et délicieuse. La déco est aussi super sympa tout comme la patronne.

















Jour 3: Grand Bassam et l’école de Synacassi
Après avoir passé la nuit dans notre airbnb et fait des photos au levé du soleil, nous voilà parti en taxi jusqu’à Grand Bassam (Jérôme, notre hôte, s’est chargé de nous trouver un chauffeur). Arrivé là bas, direction l’hotel Boblin la Mer. La terrasse a été refaite récemment et c’est vraiment hyper sympa à présent. On a pris le petit déjeuner face à l’océan et c’était copieux! Après ça, nous sommes parties visiter Grand Bassam, afin de montrer la ville et ses maisons coloniales à Léa. Nous ne nous sommes pas attardées puisque l’après midi, à 14h nous devions être à l’école de Synacassi pour une activité avec des enfants. Là encore nous avons pris un taxi pour repartir (22€) plus vite.
A savoir: le trajet pour aller à Assouindé peut être beaucoup moins cher. Avec mon compagnon nous sommes partis de M’Badon pour y aller, nous avons dépensé 4€ chacun en prenant le taxi, le bateau lagune, le taxi collectif, le minibus, de nouveau un taxi collectif puis un tricycle. Évidemment on a mis 4h! C’est pour ça que j’ai décidé de nous faciliter la vie et prendre des taxis. Si Léa était restée plus longtemps, évidemment je lui aurai montré le trajet avec tous ces moyens de transports différents.
Assouindé au levé du soleil
Grand-Bassam















L’après midi nous avons donc rejoint Caroline et Simone, 2 amies ivoiriennes bibliothécaires dans 2 écoles différentes. Depuis janvier j’anime 1 mercredi sur 2 des activités manuelles à l’école de Synacassi. ça fait sortir les gosses de chez eux, de leur quartier d’Akouédo et ça les occupe. Que ce soit à l’école ou chez eux, les enfants ne font pas ce genre d’activité et certain ne savaient même pas utiliser de la colle lorsqu’on a commencé. C’est assez difficile aussi de leur donner du matériel, un thème et de leur dire « faîte ce que vous voulez » parce qu’on ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination ici. Ce jour là je leur ai donné des chutes de papiers et je leur ai dit « créez une fleur avec ça ». Et bien.. ça a été compliqué sans modèle! Finalement ils s’en sont bien sortis! J’ai voulu que Léa participe à cette activité parce qu’elle est bénévole dans mon association (Femmes En Action, qui finance une partie du matériel qu’on utilise) et qu’elle finance certains projets. En repartant, après avoir écouté les histoires des enfants et leurs conditions de vie, elle avait les larmes aux yeux et m’a dit « je ne sais pas comment tu fais pour vivre ici ». Parce que oui c’est difficile d’entendre ces histoires (de violences parfois) et de repartir chez soi après. Moi même je suis une grande sensible et je n’arrête pas de me demander « comment faire plus »? Mais je me raisonne (c’est compliqué) parce que « on ne peut pas tous les sauver ». C’est un fait et surtout je n’ai pas les moyens financiers pour en faire plus (si un mécène plein de pognon me lis, je peux créer une école pour les enfants d’Akouédo avec des profs qui n’auraient pas leurs 3 téléphones greffés dans la main, qui n’auraient pas 50 élèves par salle et qui ne régiraient pas leurs classes à coup de tuyaux de gaz, où l’art et l’imagination auraient leur place, et qui serait un modèle de bienveillance et d’égalité).
Le soir, pour conclure cette belle journée, nous avons été manger avec des amis dans un restaurant italien (on a mangé des pizza quoi) et boire des verres bien (bien) chargés!








Jour 4: Abidjan
Au bout de 4 jours il était temps de montrer la capitale à Léa! Nous avons été au plateau pour visiter la cathédrale (une vieille bigote nous a tenu la jambe pendant 1h pour nous parler d’une sainte et m’engueuler parce que je ne croyais pas en dieu) et le quartier. Manque de pot, je voulais emmener Léa à manger dans un maquis ( le 1er où je suis allée en arrivant ici!) mais il était en pleine rénovation! J’ai décidé de l’emmener à l’allocodrome de Cocody où j’étais sûre de trouver de l’alloco (couplé à 1 œuf dur et du piment si on veut). Nous avons mangé là bas le midi (le soir ça n’est pas conseillé) pour ensuite visiter le marché Saint Jean pour acheter des souvenirs et le marché en face de l’allocodrome (marché local). On a vu les vendeuses de pagnes, les couturiers, les vendeurs de légumes, de viandes etc. La vie quoi! Le soir on a mangé un poulet sauce moutarde-frite, notre rituel depuis 3 ans, avec des collègues de mon copain. On mange à côté d’une cave histoire de ne pas mourir de soif, sur un parking de sable, avec les vendeurs de tout et de rien qui viennent nous vendre leur camelote. Encore une fois, la vie ivoirienne dans toute sa splendeur!



















Jour 5: les opposés
Pendant ce séjour j’ai tout de même voulu montrer à Léa qu’en Côte d’Ivoire, il y avait aussi des endroits luxueux et pour ça, rien de mieux que d’aller à l’hôtel Sofitel, le plus vieil hôtel et le plus classe de la ville. Nous avons d’abord été au restaurant panoramique pour admirer la superbe vue sur la ville (il n’y avait personne au resto et je ne suis pas sûre que nous avions le droit d’y être) avant d’aller « Au bistro » pour le brunch. Pour des pécores comme nous, le brunch du Sofitel est la classe ultime ^^ Il y a ENORMEMENT de choix, tout est raffiné et disposé délicatement. Nous étions assises le long des vitres, de quoi profiter de la vue sur la piscine magnifique (dont nous n’avons pas profité parce qu’il ne faisait pas super beau). La seule déception, c’est le chocolat chaud. Comment dans un pays qui produit du cacao peut on faire une chocolat chaud aussi mauvais?! Sinon tout le reste était très bon. Après ça, histoire de garder les pieds sur terre, direction Akouédo. Akouédo, il y a quelques années c’était une décharge publique. A présent le gouvernement est en train de la transformer en parc avec des endroits arborés, de terrain de jeu, de foot, une usine de méthanisation (qui récupère les gazs sous terrain de la décharge) etc. Bon, ça n’est pas pour demain mais les travaux avancent. En attendant, Akouédo reste un quartier pauvre, insalubre, avec les égouts qui débordent même lorsqu’il ne pleut pas (bonjour l’odeur, après le Sofitel on redescend vite sur terre), les routes inexistantes et les poubelles dans des bennes. C’est ici que Caroline et ses 5 enfants vivent. Nous sommes allées lui rendre visite afin de rencontrer ses petits qui n’étaient pas là lors de l’activité mercredi. Là encore un moment émouvant et plein d’amour. Après ces 2h, nous avons repris le taxi, direction la maison pour prendre une petite douche et partir à l’aéroport où Léa était attendu pour 17h.




















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