Qu’est ce qui a changé?

indicatif temps de lecture: 20 min (j’ai mis des paragraphes, vous pouvez revenir plusieurs fois et ne pas perdre le fil!!)

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Lorsque je lis sur les réseaux sociaux et les blogs des voyageurs comment ils vivent leur voyage, qu’est ce qu’ils ont changé dans leur vie de tous les jours, souvent ce sont les mêmes réponses: la tolérance, le respect, la découverte de soi, moins de stress, moins de matérialisme.

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La tolérance:

C’est vrai que depuis que je voyage, je suis plus tolérante. Je comprend plus facilement pourquoi des gens qui ne savent pas nager s’embarquent à 70 sur des canaux pneumatique censés en accueillir 10, je comprend pourquoi lorsqu’on va dans un pays pauvre les gens nous voit comme des porte-feuille ambulant, je comprend pourquoi il y a tant d’irrespect en Inde envers les femmes et je comprend pourquoi dans certain pays on fait beaucoup d’enfants (lorsque le taux de mortalité infantile est de 52%, que le taux de mortalité dû aux maladies pulmonaires frôle les 25%, que vous avez une fille, et bien si vous avez 6 enfants, calculez combien il vous en reste à la fin pour prendre soin de vous..) . Toutefois, comprendre ne veux pas dire cautionner ni même accepter certaines situations!

J’ai effectivement envie d’aller vers les autres, d’essayer de comprendre la vie de celui avec qui je parle et ça, partout où je vais. Je me voit mal être intéressée par le boulot de vendeur ambulant d’un indien si je ne comprend pas le travail d’assistante sociale de ma voisine.

Avant j’étais extrêmement sévère avec les gens qui ne faisait rien de leur vie sociale. A part travailler et regarder la télé/jouer à la console, je les trouvais triste, j’avais de la peine pour eux et envie de les secouer pour leur dire « réveilles toi bon sang, on a qu’une vie, alors bouge, fais des choses, rencontre des gens, apprends!! ». Et ma maman, la sagesse incarnée m’a sortie une phrase que j’aurai toujours en tête.. « mais s’ils sont heureux comme ça, pourquoi ils changeraient? ». Effectivement. J’ai pris du recul, je comprend qu’en Inde les gens peu cultivés ne cherchent pas à se sortir de leur misère, alors je me dois de faire la même chose en France.

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La patience

Je suis plus patiente aussi. Au début à Madagascar lorsqu’on devait faire les 70 km jusqu’au centre Patrakala en 5h, je me tapais la tête contre les murs. J’avais envie de hurler lorsque nous étions coincés dans les embouteillages, en plein soleil avec la fumée des gaz d’échappements dans le nez. Et puis j’ai pris le plis.. est-ce que s’énerver nous fera avancer plus vite? Non. Est-ce que s’énerver me fera passer le temps? Non. Alors tant pis. On se calme, on respire (de la fumée bien cra-cra) et on se détend. De toute manière il n’y avait que ça à faire. Maintenant lorsque j’attends et patiente en France je suis beaucoup plus calme qu’avant. Mon quotidien s’est amélioré.

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La découverte de soi

Très honnêtement, au risque de paraître orgueilleuse, je ne me suis jamais trop « cherché ». C’est la grande phrase des adules ça! « elle se cherche ». Non en fait je cherche la manière dont je peux être le plus heureuse. Je sais ce qui me rend bien, je cherche un moyen de l’intégrer à ma vie!

Lorsque je suis partie seule en Inde je n’avais qu’un itinéraire et je ne réservais même pas le 1er soir à l’hôtel. Je n’ai jamais stressée pour ci ou ça, les veilles de grands départs ne m’ont jamais empêché de dormir. Par contre oui au moment de dire au revoir à mes parents j’ai toujours cette question « mais qu’est ce que je fais », tout comme je pleure pendant 3 jours lorsque je me retrouve seule dans ma chambre d’hôtel à l’autre bout du monde à mon arrivée. Après 5 voyages seule, rien a changé de ce côté là!!

En fait je ne me suis même jamais dis que je n’étais pas à ma place lorsque je voyageais dans une voiture 7 places ou un bus. Je fais mes voyage et voilà. Pas de question, pas de découverte de moi-même, pas de grandes révélations mystique du genre « super, j’arrive à dormir par terre et faire pipi dans des toilettes dégueues!! » (Mel, je pense actuellement aux toilettes public de Zig..même pas peur d’y retourner, même sans verrou !!)

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Bon après tout ce blabla, qu’est ce qui a changé dans mon comportement et qu’est ce que j’ai changé dans ma vie de tous les jours?

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En fait, je suis devenu ultra-écolo, à détester les poubelles, à devenir économe, attentive à ce que je mange, à ce que j’achète, à ce que je me tartine sur le museau. Voir des pays en voie de développement crouler sous les déchets, les femmes magnifiques sans même qu’elles ne mettent de crèmes « ultra-régénérante » ou les ruraux cultivant et mangeant ce qu’ils produisent, ça a changé la donne.

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Les poubelles

Lors de mon 1er voyage en Inde, pas de bol, j’avais mes règles. Et lorsqu’il n’y a pas de poubelle dans la chambre, ni dehors.. comment on fait? Où met-on les protections hygiéniques, les mouchoirs, les papiers en tout genre? J’ai un jour bu un tchaï dans un gobelet en plastique mais après.. que faire du gobelet alors qu’il n’y a pas de poubelles publiques? Je l’ai posé dans des escaliers, me sentant trop mal. Je venais de  jeter un truc par terre pour la 1ere fois de ma vie.

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Au Sénégal j’ai vécu « pire ». J’ai dû brûler moi-même mes poubelles: tous les trucs que j’achetais (le jus d’orange, les biscuits, les emballages de nourriture, les flacons de démaquillant, les bouteilles de shampoing ou de gel douche, les mouchoirs,) et bien il fallait que je les élimine. En effet à Kolda il ni a aucun système de ramassage de poubelle. Et tout le monde faisait ça, ce qui était assez pénible, ça donnait une odeur dégueulasse pendant plusieurs jours. Là j’ai pensé à toutes les poubelles que je jetais en France et j’avoue que ça m’a mis assez mal à l’aise.

Du coup lors des voyages d’après, j’ai préféré prendre des mouchoirs en tissus, quitte à me faire traiter de Papi. Mouchoirs que j’utilise en mouchoirs, chiffon, tissu éponge tout. C’est l’un des 1er trucs que je met dans mon sac à présent.

J’évite aussi de prendre les sac en plastique que les marchands me donnent. Au Sénégal ils étaient tous étonnés: là haut ne pas prendre de sac plastique lors d’un achat équivaux à ne rien acheter. Pour rigoler je leur disais qu’il y avait déjà plein de sac en plastique par terre et que je ne voulais pas en rajouter.

En France, à présent, je fais hyper gaffe à ce que je jette. Je n’ai toujours pas réussi à convaincre mes logeurs de passer à la poubelle-compost, ça m’enrage un peu mais c’est comme ça. Il faut aussi savoir respecter les idées des autres.

Je fais un tri drastique des poubelles, allant même rechercher des choses dans la poubelle « normale » pour la mettre dans le tri. J’ai dans ma chambre (et ça ma mère ne le sait pas, elle lèverait les yeux au ciel si elle l’apprenait!) 3 cartons remplis de papier imprimé que sur 1 face, des documents « confidentiels » qui devaient être brûlés. Je n’accepte pas moralement de brûler du papier alors qu’il peux encore servir de brouillon. Très clairement là j’en ai jusqu’à la fin de ma vie (ou alors un peu moins si j’ai 6 enfants qui font 25 dessins par jours) mais c’est le seul truc que j’ai trouvé pour soulager ma conscience écolo. Et puis après avoir vu le désastre de la déforestation à Madà (non pas pour du papier mais quand même) je ne peux vraiment plus jeter une feuille de papier sans me dire « est-ce qu’elle ne pourrait pas resservir?! »

J’ai commencé aussi à me fournir en produit de beauté ayant des contenants qui se re-remplisse, histoire de ne pas à avoir à jeter des flacons pour rien. A présent j’ai trouvé un moyen encore mieux! Une amie fabrique elle même ses produits et me fournit. Mais on en parle après!

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Les produits bio/écolo

A Madagascar j’ai logé en pleine brousse où l’eau de la douche s’écoulait directement dans la terre. Donc pour moi c’était clair, il fallait un produit écolo, biodégradable et sans trop d’incidence sur la nature. J’en ai trouvé à Décathlon, mais là encore le flacon en plastique m’a freiné. C’était lors de mon 1er voyage.

Lors du second voyage, j’étais parée! Du savon bio au lait d’ânesse (et rend la peau douce, donc pas besoin de crème hydratante), du dentifrice, un shampoing, un nettoyant visage, une crème naturelle (contre la peau sèche/grasse) et de l’eau florale de Thé (contre les boutons). Et puis je me suis rendu compte que bon, la crème visage j’en avait pas besoin tant que ça, et qu’en plus du fait que j’arrêtais de me mettre du pétrole sur la tronche il se passait un truc formidable: ma peau n’était plus grasse et je n’avais plus de boutons. Donc je soupçonne un peu l’industrie de la beauté de fabriquer des crèmes « peau lisse » qui dérègle notre nature de peau, histoire qu’on rachète une crème « belle peau », qui à son tour nous assèche le minois etc..

En France, à présent: j’achète du savon avec une incidence moindre sur l’environnement (sans emballage) tout comme le shampoing (ahhh par contre c’est sûre il ne sent pas la rose!!), je me met de la crème 3 fois par semaine sur le visage, de la crème fabriquée uniquement avec des produits naturels (par mon amie) sur mes mains (elle va aussi bien pour la figure soit dit-en passant) et pour le corps, plus de crème remplis de paraben ou phénoxyéthanol mais de l’huile d’amande douce. Évidement, il y a toujours l’histoire du contenant, là je ne sais pas trop quoi faire!

Je lave les sols de ma maison au vinaigre blanc (ça fonctionne très bien!), je ne met plus d’assouplissant dans la machine à laver le linge et j’essaie de le laver avec de la lessive fait-maison.

Mon amie Tiffany a elle, jeté tous ces produits de beauté et produits d’entretien. Je ne suis pas aussi extrême parce que bon déjà je les ai acheté et en plus, ça voudrait dire que toute la logistique et toute la pollution qui a été engendré pour créer le produit n’a servis à rien.. Alors à  présent lorsque je vais dans une grande surface, je vais au rayon « produits d’entretien » et je me dis « mon Dieu tout ça va finir dans la nature.. ». Ça me remet vite les idées en place et je sais que mon combat est le bon!

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grande surfaceImage trouvé sur ce site, l’auteur du billet a un blog que voilà

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La nourriture

Déjà toute petite chez moi on ne jetait JAMAIS de nourriture dans une poubelle. Nous mangions les restes et les restes qui restaient allaient pour les chiens. Du coup lorsque je me suis retrouvée à travailler en cuisine, à jeter des quantités astronomique de nourriture à la poubelle.. j’avais une boule à travers la gorge, un peu énervée et surtout bien désemparés face au désastre. Visiter des pays où les gens meurent parce qu’ils n’ont pas les nutriments nécessaire pour combattre des maladies ou autre, ça remet encore plus de plomb dans la cervelle.

Eulalia m’a dit un jour en mangeant « allons, mangeons tout et pensons à ceux qui n’ont pas à manger ». Ça ferait culpabiliser n’importe qui. Moi la 1ere. A présent, même lorsque je ne trouve pas quelque chose de bon, tant pis je le mange. Je me force, quitte à m’en dégouter, mais c’est une question de respect.

Malgré tout ça et, je pense encore plus maintenant, j’adore manger. Je suis très gourmande de sucreries et autres saloperies qui remplissent mes artères et mes fesses de graisses inutiles à mon bon fonctionnement. Le seul truc qui a changé c’est que maintenant, j’essaie de manger en fonction des saisons. Partout dans les pays en voie de développement on mange ce qui se trouve sur les étals de marché. Du coup j’oublie les tomates entre octobre et juillet, les fraises après aout, la salade en décembre et le chou en juin. Je ne mange plus de fruits « frais » exotique en France. Ça n’a pas de goût et bizarre, les ananas en France me remplisse la langue d’aphte mais pas en Inde ou à Madà. Étrange non?!

J’essaie de manger moins (pas facile) mais mieux. Je n’achète plus de chocolat ou de bonbon remplis de saloperie, je m’achète 2 plaquettes de chocolat extra bon et cher. 10€ les 2 plaquettes, ça évite d’en manger n’importe quand. Je réapprend la saveur. Je préfère acheter des légumes aux petits producteurs plutôt qu’en grande surface (et surtout depuis que j’ai appris que l’Espagne, d’où proviennent énormément de légumes, n’a aucune politique de limite des produits phytosanitaire qui sont mis sur les cultures..), idem pour la viande. Alors oui je mange moins de viande mais elle est meilleure en goût et en qualité. Et en plus ça fait fonctionner l’économie locale. (par contre par pitié, pas de débat pour ou contre la viande parce que moi clairement, je suis pour).

Avocats récoltés dans un arbre à Itaosy et non dans un super marché.. Écrasé avec du sucre et du vin cuit, c’est un délice!!

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L’économie locale

En parlant de l’économie locale.. Depuis toute petite, j’adore fabriquer des trucs et bidules pour les offrir. C’est tellement plus sympa que d’acheter un truc fait à la chaine!!

Et en voyageant un peu partout, j’ai découvert l’artisanat et les spécialités locales. Maintenant je n’achète que des souvenirs fait à des petits producteurs/artisans.  Ainsi je fais coudre mes sarouels (au Sénégal, à Madà, 10€ le sarouel tissus compris, pour un vêtement fait sur mesure et avec le tissu dont j’ai envie), j’achète les statues en bois ou les fais faire à des artisans et prochainement je souhaite aider les femmes rurales malgache à développer leur artisanat pour pouvoir mieux vivre.

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A présent en France je privilégie les cadeaux personnalisable, les trucs et bidules fait-mains, les petits artisans locaux qui font des choses trop mignonnes sans qu’on ai forcément besoin de vendre un rein. C’est un moyen de contrecarrer le capitalisme, de promouvoir les gens de ma région, de faire tourner l’économie locale et nationale: un artisan qui se voit acheter son stock peut acheter à son tour, emmener sa famille en vacances, permettre à ses enfants de faire des activités extra-scolaire (activité qui fourniront à leur tour du boulot à quelqu’un qui pourra à son tour acheter localement etc. Vous avez compris le principe?!). Comment être français, aimer son pays et défendre ses habitants et ses artisans lorsqu’on achète des merde en plastique chez FIGI ou FouilleLaFoire?

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La pauvreté

Avant je me demandais comment des êtres humais pouvaient vivre dans des conditions si misérables, comment personne ne faisait rien pour les sortir de là et surtout comment je pouvais faire pour apporter ma pierre à l’édifice. J’étais persuadée qu’un jour j’arriverai à changer le monde, à réduire les inégalités et arrêter les guerres (ahhh belle naïveté!!).

A présent, « la pauvreté n’est pas une fatalité » je ni crois pas. Je pense que quoiqu’on fasse, il y en aura toujours. Ainsi va le monde. C’est terrible de se dire ça, de l’accepter, mais j’ai aussi accepté qu’un enfant de moins de 5 ans mourrait toutes les 10 secondes de faim, que 800 femmes mourraient en couche chaque jour. C’est comme ça. On peux arriver à réduire ces ratios mais quoiqu’on fasse, nous n’arriverons jamais à contrer des guerres (si en supprimant les fanatiques et extrémistes et la moitié des hommes. homme avec un petit H) ou à stopper les catastrophes naturelles. Nous n’arriverons jamais à faire arriver partout nos médecines modernes et des femmes continuerons de mourir lorsqu’elles donneront la vie. Il faut l’accepter et se dire « ok, je ne peux pas changer le monde, mais je peux changer les choses dans une partie du monde ». Et moi, c’est ce que je fais à présent!!

Ma vie a changé depuis que j’ai décidé de consacrer ma vie aux autres et à changer mon monde.

A quoi ça sert cette vie si c’est juste pour la garder pour nous?

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Et sinon, qu’est ce qui n’a pas changé?

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Là je vais surement en décevoir plus d’un! Non je ne suis pas moins matérialiste, je n’ai pas pu résister à acheter mes 120 livres annuels à la Foire aux Livres de Belfort, non je ne résiste pas beaucoup lorsque je vois un truc qui me plait, je l’achète, idem j’achète beaucoup de choses pour ma 2eme grande passion: la carterie.

J’aime toujours acheter et chiner des choses en brocante (certains me disent que si je n’avais pas un pied à terre derrière, je ne pourrais pas me permettre ça. En même temps, avec des SI, on mettrait Rome en bouteille), me constituer mon futur chez moi, avec plein d’assiettes qui datent du début du siècle (1900 hein! pas 2000!!), des soupières de la même époque, des meubles des années 70. C’est un peu contradictoire avec le fait que je voyage, que je vois la misère etc mais en même temps, la vie ici continue. Un jour ma tata Véro (sœur jumelle de maman, elles sont sages toutes les deux), m’a dit « mais ça n’est pas parce que tu vas te priver de quelque chose que des enfants arrêteront de mourir de faim ». Effectivement. Et puis je considère que je travaille bien (pour moi travailler n’est pas synonyme de rémunération..) et que du coup je peux me faire plaisir avec des babioles.

A part ça, un truc dont je suis pas peu fière, je sais m’adapter à toutes les situations! Moi qui pensais avoir touché le fond en préparant de la confiture à la fraise dans une caravane sans eau ni électricité, j’ai fais pire! De la confiture de mangue (une tuerie…) en brousse sur un fatapera. Et ça n’est pas plus compliqué qu’ailleurs. J’ai aussi préparé un jour un bœuf bourguignon en brousse et l’an prochain j’ai bien l’intention d’essayer de faire des pâtes fraiches, du pain et des gâteaux. Ouai tout ça sans électricité. Ça vous en bouche un coin n’est ce pas?! Je crois que ça s’appelle « repousser les limites ». Mais pour moi ça n’est pas vraiment un nouveauté!

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Qu’est ce qui est pire qu’avant?

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Mon rapport avec l’argent!!!!!

Je dépense facilement de l’argent pour offrir des cadeaux, payer des médicaments à une amie ou des frais de scolarité à des Petites Poulettes (un jour je vous parlerai d’Eliane!). Je me dis que de toute manière, je ne l’emporterai pas dans la tombe et qu’en plus l’argent, c’est fait pour être dépensé. Et je considère être bien lotie, autant redistribuer les richesses.

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Mon rapport avec le temps!!

Encore pire qu’avec le pognon, j’ai l’impression que le temps s’allonge. ça n’est bien souvent 2min avant de partir pour un rdv que je me dis « ah oui j’aurai surement dû partir il y a un quart d’heure ». Je me mettrais des gifles des fois tellement ça m’énerve que je prenne le temps et l’horaire des rdv aussi peu au sérieux!

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Mon rapport avec l’eau

Alors ça.. c’est devenu pour moi un objet d’énervement quotidien. J’étais déjà assez sévère avec les gens qui gaspillent l’eau (cf mon stage en restaurant d’entreprise où pour enlever une tâche, au lieu de frotter avec un balais le second de cuisine essayait de l’enlever au jet.. on s’est vraiment pris la tête la dessus et je n’avais encore jamais voyagé dans un pays en voie de développement) mais à présent..

Au Sénégal, à Madagascar, quotidiennement il y a des coupures d’eau, les puits sont à sec, alors pour se laver, il ne faut rien gaspiller mais surtout il faut faire des réserves! A présent j’arrive à me laver avec 1 litre d’eau et je pense que c’est pareil pour mes (longs) cheveux. (je crois même m’être lavé avec 1,5l le corps et les cheveux..). De plus à Madagascar en brousse il faut faire chauffer l’eau pour se laver. Oui je suis une petite chochotte mais se laver à l’eau froide à 15° et bien non je ne peux pas.. (ça me rassure, certains malgaches le font aussi). Il faut 30min pour faire chauffer de l’eau, du charbon, aller chercher l’eau, la transporter. Bref c’est long, c’est pénible et ça donne une autre valeur à l’eau..

Dans les pays que j’ai visité, l’eau non potable est responsable de nombreuses maladies: bilharziose, choléra, dysenterie, parasitoses intestinales etc. Les maladies hydriques tuent plus que la guerre. C’est la 1ere cause de mortalité au monde. Sur les 4 milliards de cas de diarrhée par an, elles entraînent 1,8 millions de décès et plus de 90% d’entre eux (1.6 millions) parmi les enfants de moins de cinq ans.

Sachant ça, lorsque je suis sous ma douche plus de 6 min (et je vous jure que des fois j’y reste moins longtemps) je culpabilise quand même beaucoup. Alors oui rester moins longtemps ne donnera pas de l’eau potable à ceux qui n’en on pas mais je pars du principe que ça n’est pas parce que j’ai accès à quelque chose facilement que je dois en abuser.

Des personnes se sont attelées au problème des douches qui consomment beaucoup d’eau et Carlos Gomez Andonaegui a, en 2010, inventé une douche consommant 70% de moins d’eau qu’une douche classique! Soit 2,9 par minute au lieu de 9,5l. Vous pouvez en savoir plus sur ce site (source, National Geographic).

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Mes fringues.

Je n’ai jamais trop fais attention à mes habits mais à présent, c’est pire.. Je me dis que bon, c’est un habit, ça n’est pas grave s’il est tâché et je porte les habits en conséquence. Je sais que je vais traîner dans la poussière en partant alors je ne prend pas les plus « beaux » que j’ai. Et si ça se tâche.. tant pis! je relativise!

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Ah oui, ça c’est peut-être le pire de tout.. Je relativise trop.

Des fois j’ai même l’impression d’être une salope sans cœur. J’ai vu des choses pas très jolis avec mes voyages, mon boulot, encore que je n’ai pas encore vu l’impensable et du coup les bobos du quotidien des autres me passe un peu par dessus la tête. Enfin, les bobos.. il ni a pas que ça. Les conditions de vie, les aides psychologiques, médicales, sociale que notre pays nous offre sont tellement énorme par rapport aux pays que j’ai visité que je ne supporte plus de voir ou d’entendre des gens se plaindre. Je sais qu’en France c’est compliqué, je sais que les salaires ne suivent pas, mais voyez vous, entendre des gens se plaindre qu’ils n’ont pas de pognon alors que les 3/4 de la population possède un téléphone à plus de 100€, une connexion internet à 40€, un forfait à 20€ et bien non, on ne peut pas dire « on a pas de pognon » dans ce cas là. Et oui perdre un doigt c’est terrible mais à Madà quand vous perdez un doigt il est fort probable que vous perdiez aussi la vie. En France vous allez chez le médecin et oui il faut payer 1€ par consultation, le reste est remboursé, tout comme les journées d’hôpitaux à 300€ . A Madà en brousse, on ne va ni chez le médecin, ni à l’hôpital parce qu’on a pas d’argent. Et quand on a un cancer on meurt.

Du coup le fait d’avoir vu tout ça me fait dire « bon j’ai des soucis mais quand même ça pourrait être pire ». Le problème c’est que genre de phrase ne passe pas très bien auprès d’un interlocuteur lambda. Et j’ai l’impression qu’ici les gens ne veulent pas trop relativiser. Bon après je ne dis pas tout le monde! Tiffany, même si tu es grave angoissée, tu relativise vachement je trouve 😉

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Forcément, ça contrecarre un peu ce que j’ai amélioré aussi.. la tolérance.

Je ne tolère plus la bêtise et la méchanceté humaine. Je ne tolère plus que des gens éduqués comme nous en France (école obligatoire jusque 16 ans!) puissions être aveuglé par la haine et les discours racistes/homophobe/xénophobe. Je ne comprend pas que les gens en France puissent croire tout ce qu’on leur raconte sans même chercher à savoir si c’est vrai, je ne comprend pas qu’on France on cherche même pas à se remettre personnellement en question, qu’on s’imagine que tous les maux de la Terre viennent de nos dirigeants et d’ailleurs sans même oser imaginer que nous pouvons y être aussi pour quelque chose..

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Mon regard sur moi

Des fois je ne me supporte plus. Depuis que je suis rentrée de Madagascar je « déprime » légèrement. Avec des périodes à pleurer en regardant Claire Chazal faire ses adieux sur TF1 (alors que je ne l’ai jamais trop aimé) ou à avoir la larme à l’oeil en voyant un chaton faire des câlins à sa maman. Je suis un peu émotive et surtout j’ai l’impression d’être un cas soc’ à force de rester chez moi à rien foutre et à toucher de l’argent qu’on m’a bien fait comprendre, je ne méritais pas.

Du coup ça me forge le caractère, (encore plus qu’il ne l’ai, je vous raconte pas le massacre) et en plus je deviens extrêmement exigeante avec moi-même.

Je considère que pleurer parce que je n’ai pas de boulot ou que mes amies s’éloignent de moi, c’est de la faiblesse et vu la vie de merde des femmes rurales que j’ai pu côtoyer, ce que je vis, c’est du pipi de chat.

Et je culpabilise vachement d’être mal chez moi, d’être mal dans ma vie, alors que des gens crèvent de faim ou de manque de soin. Du coup ça me rend encore plus mal, ce qui fait je culpabilise encore plus.. vous voyez le genre?!

Des fois, c’est un peu la guerre dans ma tête. Pas facile d’être en accord avec soi-même!!

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Si l’on veux changer le monde, il faut savoir se changer soi-même

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C’est sur cette belle parole que je vous laisse méditer!

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10 thoughts on “Qu’est ce qui a changé?”

  • Ce n’est jamais par hasard que les choses se produisent….ton billet du 5 décembre 2015 me parle…je prendrais bientôt plus de temps pr te dire ce qui a changé dans ma vie le 05.12.2015…pour moi c’est un RENAISSANCE ….ça en dit long!!
    Je reprendrais juste ta phrase….

    « Si l’on veux changer le monde, il faut savoir se S AIMER SOI-M’ AIME »

    Bonne continuation… bisous

    • Bonjour Chantal!
      Mémère Gisèle m’a parlé de toi hier justement!! Et m’a dit que tu avais commencé une formation. Je voulais t’écrire pour que tu m’en parle et voilà que je vois ton message.. Drôle de coïncidence! J’attends ton mail alors.
      A très vite, bisous 😉

  • Sacré roman que tu nous as écrit, mais très belle analyse et tu as raison sur la plupart des points ! Juste une chose … ne soit pas trop dure avec toi même. Je pense que tu fais déjà beaucoup plus que n’importe qui. Les voyages nous apportent toujours, même si des fois on ne s’en rend même pas compte … Je pars en road trip en Asie dans 3 semaines, j’en suis complètement dingue ! 🙂

    • Je suis très heureuse que tu ailles en Asie!! C’est génial!! où vas tu? tu pars seule?
      Et oui, un de mes défauts, c’est d’être dur avec moi-même, mais ça me fait avancer et ça me permet de repousser mes limites alors je me dis que c’est un mal pour un bien!!!
      Merci pour ton message bien sympa!

  • article très intéressant et qui permet de se poser des questions sur beaucoup de sujets. ici je tend de plus en plus vers le minimalisme. j’essaie de jour en jour de consommer mieux et moins. c’est pas facile tous les jours avec nos habitudes ancrées, et les autres autour mais j’essaie et j’me dis que c’est toujours ça de pris

  • Je te comprends tellement! J’ai vécu un choc lorsque je suis revenue chez moi après avoir vu des enfants de 3-4 ans me demander de la nourriture en Amérique Centrale. J’étais intolérante face aux gens qui jetaient de la nourriture. Et que dire des épiceries et des restaurants qui gaspillent…

    J’ai appris à respecter que ce ne sont pas tous les gens qui sont sensibilisés. Je fais ma part, mais en même temps, je ne veux pas être l’indésirable. J’essaie d’inspirer les gens plutôt que de les contraindre.

    Je t’admire beaucoup d’être allée en Inde. Je n’ose pas y aller en solo. Je ne suis pas prête. Pis en même temps, je me demande si on est prêt un jour…

    Mon conseil : essaie d’être moins dure avec toi 😉

    • C’est vrai que c’est compliqué d’expliquer notre ressentis aux personnes sans passer pour une rabat-joie!!
      J’essaie mais je pense que des fois, je dois bien souler mon entourage ^^
      Concernant l’Inde, je vais dire un truc de terrible mais moi, ça n’est pas la misère qui m’a le plus traumatisé (même si ça m’a aidé à changer d’orientation professionnelle ^^) mais le regard des hommes sur moi. c’est ça qui m’empêche d’y retourner presque. Parce que la misère.. je m’y suis presque faîte et je me suis dit que de toute manière, je n’arriverai pas à tout changer alors.. il faut faire avec. J’y suis allée 2 fois parce que justement je ne voulais pas rester sur une 1ere mauvaise expérience mais rien n’avait changé entre temps finalement!

      Merci pour ton commentaire bien sympathique en tout cas 😉 tout le monde me donne le même conseil mais pas facile de l’appliquer!!
      « fais ce que je dis mais pas ce que je fais » !!

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